Pourtant cette joie est là. Les tibétains disent même
qu'elle est le sol lumineux sur lequel s'établit toute vie humaine et que c'est ce que toute personne réalise lors d'états spontanés de béatitude ou d'extase, qu'ils durent quelques minutes ou
plus longtemps. Et puisque c'est là, pourquoi ne pas mettre le cap dessus volontairement ? Car nous pouvons choisir
nos états intérieurs. C'est même là le sens profond d'une démarche qui mène à la maîtrise ou à la sagesse. Le sage ne prétend pas contrôler ce qui se passe autour de lui, il décide plutôt d'agir
sur ce qui se passe en lui. Cette décision est accessible à tous. Comme le peintre choisit les couleurs qui vont orner son tableau pour créer harmonie et beauté, de la même façon nous pouvons
arriver à choisir les couleurs et les teintes qui vont colorer notre existence.
On devient ainsi l'artiste de sa vie.
En faisant l'exercice, il est intéressant de noter ce à quoi nous accordons de l'attention dans la journée. On réalise rapidement que la plupart de nos pensées et de nos sentiments prennent
naissance dans nos insécurités tant affectives que matérielles. Si les nœuds sont trop profonds, il est utile de se tourner du côté de la psychothérapie pour arriver à les comprendre et à les
défaire peu à peu. L'entreprise psychothérapeutique éclaircira la réalité des répétitions et
offrira une voie possible de dégagement. Elle favorisera le choix de vivre plus près de sa véritable nature et plus près de l'expression de ses dons. Toutefois, cette nécessaire connaissance des
sources ne saurait suffire. Elle peut servir un choix plus radical encore, celui de se dégager de ce passé, de s'en détacher, de s'en alléger et de vivre en favorisant la légèreté et la joie.
Voilà l'objet de la véritable voie spirituelle. Pour cette dernière, une fois que les nœuds émotifs sont compris, il ne sert à rien de s'y attarder. Elle propose plutôt de choisir ses états
intérieurs.
Un choix qui peut faire une différence réelle
Il s'agit essentiellement de considérer qu'à partir d'un certain niveau de confort et de conscience, un être humain ne
doit son malheur ou son bonheur qu'à lui-même. Il n'est donc victime d'aucun passé dont il ne peut se dégager. Il est en somme créateur de sa vie à un degré qui peut donner le vertige quand il en
prend conscience, surtout si cet être a toujours usé de la commodité de se dire une victime d'un passé qui aurait laissé une trace indélébile. À bien y penser,
la seule chose qui peut faire une différence réelle dans une existence est le choix qui consiste à entrer dans une voie d'éveil conscient. On peut ainsi envisager de passer d'une existence
automatique à une existence plus volontaire. Ce genre d'existence invite à choisir soi-même les éléments qui la composent, et à s'orienter en toute liberté vers le bonheur.
On peut juger qu'une telle idée est farfelue tellement nous sommes emportés toute la journée par des états émotionnels qui nous possèdent. C'est ignorer qu'à notre insu nous créons déjà notre
vie, non pas volontairement, mais inconsciemment. Ce sont nos conditionnements, nos complexes, nos mémoires du passé, qui vivent à notre place.
Ils nous font faire des choix dont nous ignorons les fondements. Une vie dite normale est ainsi faite. Et lorsque l'on a assez de cet état de choses, lorsque l'on en a assez de voir venir et
partir le malheur ou le bonheur par accident, on décide de mettre la main à la pâte et de changer de cap. La grande aventure commence.
N'oubliez pas de noter ce à quoi vous accordez
votre attention dans une journée. Vous réaliserez, avec surprise peut-être, que vous privilégiez bien peu de choses qui servent réellement au bonheur dont vous rêvez ! Cette prise de conscience
deviendra si vous le souhaitez un véritable outil de changement.
Texte de Monsieur Guy Corneau
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